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Genet & Lezama Lima, doble centenario

Dos centenarios coinciden en el tiempo, Jean Genet y José Lezama Lima, dos autores separados por un océano pero que subvirtieron los valores preestablecidos.


Jean Genet (19 de diciembre de 1910/15 de abril de 1986), quien sobresaliera en el mundo cultural por su invaluable propuesta como dramaturgo, novelista y poeta. Un francés como pocos, ya que a través de su obra supo proyectar su particular rebeldía ante la sociedad y sus costumbres.


Sin Maurice Pilorge, cuya muerte no ha terminado
de envenenarme la vida, nunca habría
escrito este libro, lo dedico a su memoria.

J. G.


"..................Los diarios no llegan bien hasta mi celda, y las páginas más hermosas están saqueadas, sin sus más bellas flores, los chulos, como jardines en mayo. Los grandes chulos inflexibles, estrictos, son sus sexos floridos de los cuales no se ya si son lirios o si lirios y sexos no son ellos del todo, hasta el punto que por la noche, de rodillas y con la imaginación abrazo sus piernas: tanta rigidez da conmigo en tierra, hace que los confunda, y el recuerdo que doy de buena gana como alimento para mis noches, es el tuyo que cuando lo acariciaba permanecía inerte, estirado; sólo tu verga, desenvainada y blandida, atravesaba mi boca con la aspereza repentinamente perversa de un campanario que revienta una nube negra, de un alfiler para sombreros que pincha un seno............"

"Nuestra Señora de las flores" (1944). Jean Genet


"Le Vent qui roule un coeur"


Le vent qui roule un cœur sur le pavé des cours,
Un ange qui sanglotte accroché dans un arbre,
La colonne d'azur qu'entortille le marbre
Font ouvrir dans ma nuit des portes de secours.

Un pauvre oiseau qui tombe et le goût de la cendre,
Le souvenir d'un œil endormi sur le mur,
Et ce poing douloureux qui menace l'azur
Font au creux de ma main ton visage descendre.

Ce visage plus dur et plus léger qu'un masque,
Et plus lourd à ma main qu'aux doigts du réceleur
Le joyau qu'il convoite; il est noyé de pleurs.
Il est sombre et féroce, un bouquet vert le casque.

Ton visage est sévère: il est d'un pâtre grec.
Il reste frémissant aux creux de mes mains closes.
Ta bouche est d'une morte et tes yeux sont des roses,
Et ton nez d'un archange est peut-être le bec.

Le gel étincelant de ta pudeur méchante
Qui poudrait tes cheveux de clairs astres d'acier,
Qui couronnait ton front des pines du rosier
Quel haut-mal l'a fondu si ton visage chante?

Dis-moi quel malheur fou fait éclater ton œil
D'un désespoir si haut que la douleur farouche,
Affolée, en personne, orne ta ronde bouche
Malgré tes pleurs glacés, d'un sourire de deuil?

Ne chante pas ce soir les Costauds de la Lune!
Gamin d'or sois plutôt princesse d'une tour
Rêvant mélancolique à notre pauvre amour;
Ou sois le mousse blond qui veille à la grand'hune.

Et descend vers le soir pour chanter sur le pont
Parmi les matelots à genoux et nus tête
L'ave maris stella. Chaque marin tient prête
Sa verge qui bondit dans sa main de fripon.

Et c'est pour t'emmancher, beau mousse d'aventure
Qu'ils bandent sous leur froc les matelots musclés.
Mon Amour, mon Amour, voleras-tu les clés
Qui m'ouvriront ce ciel où tremble la mature

D'où tu sèmes, royal, les blancs enchantements
Qui neigent sur mon page, en ma prison muette:
L'épouvante, les morts dans les fleurs de violette....
La mort avec ses coqs; Ses fantômes d'amants...

Sur ses pieds de velours passe un garde qui rôde.
Repose en mes yeux creux le souvenir de toi.
Il se peut qu'on s'évade en passant par le toit.
On dit que la Guyane est une terre chaude.

Jean Genet "Le comdané à mort"

http://dahofficial.com/wordpress/2010/11/actualite-le-condamne-a-mort/
http://itunes.apple.com/fr/album/id401083536


(Ma gratitude à l'informateur anonyme)

Su obra, que en un principio, fue considerada como pornográfica, acabaría siendo reconocida como una de las más importantes del siglo XX, concediéndosele en 1983 el Premio Nacional de las Letras Francesas. Genet se definió enseguida como un existencialista comprometido con los problemas de la identidad y la alienación.
"Cuanto mayor sea mi culpabilidad a vuestros ojos, entera y totalmente asumida, mayor será mi libertad y más perfectas mi soledad y mi unicidad."
"Diario de un ladrón" (1949). Jean Genet

José Lezama Lima por Iván Cañas (1969)

José Lezama Lima (19 de diciembre de 1910/9 de agosto de 1976), destacado poeta, narrador y ensayista cubano que a decir de la crítica especializada fue creador de una de las prosas barrocas y simbólicas más bellas del siglo XX.

"Después que la poesía y el poema han formado un cuerpo o un ente y armado de la metáfora y la imagen, y formado la imagen, el símbolo y el mito –y la metáfora que puede reproducir en figura sus fragmentos o metamorfosis-, nos damos cuenta que se ha integrado una de las más poderosas redes que el hombre posee para atrapar lo fugaz y para el animismo de lo inerte."
Confluencias. José Lezama Lima

Fue Lezama quien le devolvió la esencia a la poesía, regresándole la utilidad y la musicalidad a la palabra. Fue él quien explicó el mundo a través de la metáfora y legó una obra cumbre: Paradiso, que causó gran polémica por el tema abordado, el de la homosexualidad.

"-Compadre, no lo quisiera contar, pero mire usted que lo invisible se mostró ridículo aquella noche. Era un día sábado, muy apacible, que hasta el comienzo mismo de la noche mostró su circunspección. A veces lo invisible, que tiene una pesada gravitación, y en eso se diferencia de lo irreal, que tiende más bien a levitar, se muestra limitado, reiterado, con lamentable tendencia al lugar común. Me dormí con un sueño ocupado y hojoso hasta la media noche. Así que me desperté con una mitad del cuerpo muy descansado, aunque no podría precisar cual era esa mitad. Aunque la medianoche es muy propensa a las barrabasadas con lo invisible, no me desperté sobresaltado. Casi despertándome en esa media noche, noté un ruido que venía del sitio donde se mostraba el sillón. Lancé lentamente la mirada, todavía me quedaba un residuo indeciso del sueño, hacia ese sitio del ruido. El sillón y el ruido no se me mostraron en una sola acabada sensación hasta que encendí la lámpara. Pero entonces pude notar con cortante precisión que el sillón se movía sin impulsarse, se movía sobre sí mismo pudiéramos decir. Desde el primer momento tuve la seguridad de que no había sido el roce de algún ladrón, ni tampoco un enojoso tropiezo con el gato en persecusión de su enemigo. La movilidad del sillón tenía tal sencillez, aun en el marco feérico de la media noche, que pude volver a dormirme. Al despertarme sentí que la otra mitad de mi cuerpo se había añadido a la otra mitad desconocida, que al despertarme en la medianoche ya lucía descansada y plena dentro de una melodiosa circulación que se había remansado a la sombra húmeda......."
Paradiso (1966). José Lezama Lima

Sin lugar a dudas el mejor y mayor homenaje que se les puede rendir a estos dos grandes literatos y por extensión a cualquier escritor es la lectura de sus obras, ya que es la forma mediante la cual su memoria se mantendrá imperecedera entre nosotros.

"Le Condamné à mort " Jean Genet


Una obra maestra absoluta. Uno de los más bellos y trágicos poemas de amor que se han escrito. Por más que se lea y se relea la emoción sigue vibrando como si fuera la primera vez. Escrito por Jean Genet en la cárcel en 1942, dedicada a Maurice Pilorge, asesino de veinte años.

Maurice Pilorge

J'ai dédié ce poème à la mémoire de mon ami Maurice Pilorge dont le corps et le visage radieux hantent mes nuits sans sommeil. En esprit je revis avec lui les quarante derniers jours qu'il passa, les chaînes aux pieds et parfois aux poignets, dans la cellule des condamnés à mort de la prison de Saint-Brieux. Les journaux manquent d'à propos. Ils commirent d'imbéciles articles ponr illustrer sa mort qui coïncidait avec l'entrée en fonction du bourreau Desfourneaux. Commentant l'attitude de Maurice devant la Mort le journal l'Œuvre dit "que cet enfant eut été digne d'un autre destin". Bref on le ravala. Pour moi, qui l'ai connu et qui l'ai aimé, je veux ici, le plus doucement possible, tendrement, affirmer qu'il fut digne, par la double et unique splendeur de son âme et de son corps, d'avoir le bénifice d'une telle mort. Chaque matin, quand j'allais, grâce à la complicité d'un gardien ensorcelé, par sa beauté, sa jeunesse et son agonie d'Appollon, de ma cellule à la sienne pour lui porter quelques cigarettes, levé tôt il fredonnait et me saluait ainsi, en souriant: "Salut Jeannot du matin!" Originaire du Puy de Dôme il avait un peu l'accent d'Auvergne. Les jurés, offensés par tant de grâce, stupides mais pourtant prestigieux dans leur rôle de Parques le condamnèrent à 20 ans de travaux forcés pour cambriolage de villas sur la côte, et le lendemain, parce qu'il avait tué son amant Escudero pour lui voler moins de mille francs, cette même Cour d'assises condamnait mon ami Maurice Pilorge à avoir la tête tranchée. Il fut exécuté le 17 mars 1939 à Saint-Brieux.

Jean Genet por Jean Cocteau (1852)

LE CONDAMNÉ À MORT

A la mémoire de Maurice Pilorge, assasin de vingt ans

Le vent qui roule un cœur sur le pavé des cours,
Un ange qui sanglotte accroché dans un arbre,
La colonne d'azur qu'entortille le marbre
Font ouvrir dans ma nuit des portes de secours.

Un pauvre oiseau qui tombe et le goût de la cendre,
Le souvenir d'un œil endormi sur le mur,
Et ce poing douloureux qui menace l'azur
Font au creux de ma main ton visage descendre.

Ce visage plus dur et plus léger qu'un masque,
Et plus lourd à ma main qu'aux doigts du réceleur
Le joyau qu'il convoite; il est noyé de pleurs.
Il est sombre et féroce, un bouquet vert le casque.

Ton visage est sévère: il est d'un pâtre grec.
Il reste frémissant aux creux de mes mains closes.
Ta bouche est d'une morte et tes yeux sont des roses,
Et ton nez d'un archange est peut-être le bec.

Le gel étincelant de ta pudeur méchante
Qui poudrait tes cheveux de clairs astres d'acier,
Qui couronnait ton front des pines du rosier
Quel haut-mal l'a fondu si ton visage chante?

Dis-moi quel malheur fou fait éclater ton œil
D'un désespoir si haut que la douleur farouche,
Affolée, en personne, orne ta ronde bouche
Malgré tes pleurs glacés, d'un sourire de deuil?

Ne chante pas ce soir les « Costauds de la Lune »!
Gamin d'or sois plutôt princesse d'une tour
Rêvant mélancolique à notre pauvre amour;
Ou sois le mousse blond qui veille à la grand'hune.

Et descend vers le soir pour chanter sur le pont
Parmi les matelots à genoux et nus tête
L'ave maris stella. Chaque marin tient prête
Sa verge qui bondit dans sa main de fripon.

Et c'est pour t'emmancher, beau mousse d'aventure
Qu'ils bandent sous leur froc les matelots musclés.
Mon Amour, mon Amour, voleras-tu les clés
Qui m'ouvriront ce ciel où tremble la mature

D'où tu sèmes, royal, les blancs enchantements
Qui neigent sur mon page, en ma prison muette:
L'épouvante, les morts dans les fleurs de violette....
La mort avec ses coqs; Ses fantômes d'amants...

Sur ses pieds de velours passe un garde qui rôde.
Repose en mes yeux creux le souvenir de toi.
Il se peut qu'on s'évade en passant par le toit.
On dit que la Guyane est une terre chaude.

O la douceur du bagne impossible et lointain!
O le ciel de la Belle, ô la mer et les palmes,
Les matins transparents, les soirs fous, les nuits calmes,
O les cheveux tondus et les Peaux-de-Satin!

Rêvons ensemble, Amour, à quelque dur amant
Grand comme l'Univers mais le corps taché d'ombres
Qui nous bouclera nus dans ces auberges sombres,
Entre ses cuisses d'or, sur son ventre fumant,

Un mac éblouissant taillé dans un archange
Bandant sur les bouquets d'œillets et de jasmins
Que porteront tremblants tes lumineuses mains
Sur son auguste flanc que ton baiser dérange.

Tristesse dans ma bouche! Amertume gonflant
Gonflant mon pauvre cœur! Mes amours parfumées
Adieu vont s'en aller! Adieu couilles aimées!
O sur ma voix coupée adieu chibre insolent!

Gamin ne chantez pas, posez votre air d'apache!
Soyez la jeune fille au pur cou radieux,
Ou si tu n'as de peur l'enfant mystérieux
Mort en moi bien avant que me tranche la hache.

Enfant d'honneur si beau couronné de lilas!
Penche-toi sur mon lit, laisse ma queue qui monte
Frapper ta joue dorée. Écoute il te raconte,
Ton amant l'assassin sa geste en mille éclats.

Il chante qu'il avait ton corps et ton visage,
Ton cœur que n'ouvriront jamais les éperons
D'un cavalier massif. Avoir tes genoux ronds!
Ton cou frais, ta main douce, ô môme avoir ton âge!

Voler voler ton ciel éclaboussé de sang
Et faire un seul chef d'œuvre avec les morts cueillies
Ça et là dans les prés, les haies, morts éblouies
De préparer sa mort, son ciel adolescent...

Les matins solennels, le rhum, la cigarette...
Les ombres du tabac, du bagne et des marins
Visitent ma cellule où me roule et m'étreint
Le spectre d'un tueur à la lourde braguette.

La chanson qui traverse un monde ténébreux
C'est le cri d'un marlou porté par la musique.
C'est le chant d'un pendu raidi comme une trique.
C'est l'appel enchanté d'un voleur amoureux.

Un dormeur de seize ans appelle de bouées
Que nul marin ne lance au dormeur affolé.
Un enfant reste droit contre le mur collé.
Un autre dort bouclé dans ses jambes noués.

*

J'ai tué pour les yeux bleus d'un bel indifférent
Qui jamais ne comprit mon amour contenue,
Dans sa gondole noire une amante inconnue,
Belle comme un navire et morte en m'adorant.

Toi quand tu seras prêt, en arme pour le crime,
Masqué de cruauté, casqué de cheveux blonds,
Sur la cadence folle et brève des violons
Égorge une rentière en amour pour ta frime.

Apparaîtra sur terre un chevalier de fer,
Impassible et cruel, visible malgré l'heure
Dans le geste imprécis d'une vieille qui pleure.
Ne tremble pas surtout, devant son regard clair.

Cette apparition vient du ciel redoutable
Des crimes de l'amour. Enfant des profondeurs
Il naîtra de son corps d'étonnantes splendeurs,
Du foutre parfumé de sa queue adorable.

Rocher de granit noir sur le tapis de laine
Une main sur sa hanche, écoute-le marcher.
Marche vers le soleil de son corps sans péché,
Et t'allonge tranquille au bord de sa fontaine.

Chaque fête du sang délègue un beau garçon
Pour soutenir l'enfant dans sa première épreuve.
Apaise ta frayeur et ton angoisse neuve,
Suce son membre dur comme on suce un glaçon.

Mordille tendrement le paf qui bat ta joue,
Baise sa tête enflée, enfonce dans ton cou
Le paquet de ma bite avalé d'un seul coup.
Etrangle-toi d'amour, dégorge, et fais ta moue!

Adore à deux genoux, comme un poteau sacré
Mon torse tatoué, adore jusqu'aux larmes
Mon sexe qui te romps, te frappe mieux qu'une arme,
Adore mon bâton qui va te pénétrer.

Il bondit sur tes yeux; il enfile ton âme
Penches un peu la tête et le vois se dresser.
L'apercevant si noble et si propre à baiser
Tu t'inclines très bas en lui disant: "Madame"!

Madame écoutez-moi! Madame on meurt ici!
Le manoir est hanté! La prison vole et tremble!
Au secours, nous bougeons! Emportez-nous ensemble,
Dans votre chambre au Ciel, Dame de la merci!

Appelez le soleil, qu'il vienne et me console.
Étranglez tous ces coqs! Endormez le bourreau!
Le jour sourit mauvais derrière mon carreau.
La prison pour mourir est une fade école.

*
Sur mon cou sans armure et sans haine, mon cou
Que ma main plus légère et grave qu'une veuve
Effleure sous mon col, sans que ton cœur s'émeuve
Laisse tes dents poser leur sourire de loup.

O viens mon beau soleil, ô viens ma nuit d'Espagne
Arrive dans mes yeux qui seront morts demain.
Arrive, ouvre ma porte, apporte-moi ta main,
Mène-moi loin d'ici battre notre campagne.

Le ciel peut s'éveiller, les étoiles fleurir,
Et les fleurs soupirer, et des prés l'herbe noire
Accueillir la rosée où le matin va boire,
Le clocher peut sonner: moi seul je vais mourir.

O viens mon ciel de rose, O ma corbeille blonde!
Visite dans sa nuit ton condamné à mort.
Arrache-toi la chair, tue, escalade, mords,
Mais viens! Pose ta joue contre ma tête ronde.

Nous n'avions pas fini de nous parler d'amour.
Nous n'avions pas fini de fumer nos gitanes.
On peut se demander pourquoi les Cours condamnent
Un assassin si beau qu'il fait pâlir le jour.

Amour viens sur ma bouche! Amour ouvre les portes!
Traverse les couloirs, descends, marche léger,
Vole dans l'escalier, plus souple qu'un berger,
Plus soutenu par l'air qu'un vol de feuilles mortes.

O traverse les murs; s'il le faut marche au bord
Des toits, des océans; couvre-toi de lumière,
Use de la menace, use de la prière,
Mais viens, ô ma frégate une heure avant ma mort.

*

Les assassins du mur s'enveloppent d'aurore
Dans ma cellule ouverte au chant des hauts sapins,
Qui la berce, accrochée à des cordages fins
Noués par des marins que le clair matin dore.

Qui grava dans le plâtre une Rose des Vents?
Qui songe à ma maison, du fond de sa Hongrie?
Quel enfant s'est roulé sur ma paille pourrie
A l'instant du réveil d'amis se souvenant?

Divague ma Folie, enfante pour ma joie
Un consolant enfer peuplé de beaux soldats,
Nus jusqu'à la ceinture, et des frocs résédas
Tire d'étranges fleurs dont l'odeur me foudroie.

Arrache on ne sait d'où les gestes les plus fous.
Dérobe des enfants, invente des tortures,
Mutile la beauté, travaille les figures,
Et donne la Guyane aux gars, pour rendez-vous.

O mon vieux Maroni, ô Cayenne la douce!
Je vois les corps penchés de quinze à vingt fagots
Autour du mino blond qui fume les mégots
Crachés par les gardiens dans les fleurs et la mousse.

Un clop mouillé suffit à nous désoler tous.
Dressé seul au dessus des rigides fougères
Le plus jeune est posé sur ses hanches légères
Immobile, attendant d'être sacré l'époux.

Et les vieux assassins se pressant pour le rite
Accroupis dan le soir tirent d'un bâton sec
Un peu de feu que vole, actif, le petit mec
Plus émouvant et pur qu'une émouvante bite.

Le bandit le plus dur, dans ses muscles polis
Se courbe de respect devant ce gamin frêle.
Monte la lune au ciel. S'apaise une querelle.
Bougent du drapeau noir les mystérieux plis.

T’enveloppent si fin, tes gestes de dentelle!
Une épaule appuyée au palmier rougissant
Tu fumes. La fumée en ta gorge descend
Tandis que les bagnards, en danse solennelle,

Graves, silencieux, à tour de rôle, enfant,
Vont prendre sur ta bouche une goutte embaumée,
Une goutte, pas deux, de la ronde fumée
Que leur coule ta langue. O frangin triomphant,

Divinité terrible, invisible et méchante,
Tu restes impassible, aigu, de clair métal,
Attentif à toi seul, distributeur fatal
Enlevé sur le fil de ton hamac qui chante.

Ton âme délicate est par de là les monts
Accompagnant encor la fuite ensorcelée
D'un évadé du bagne, au fond d'une vallée
Mort, sans penser à toi, d'une balle aux poumons.

Élève-toi dans l'air de la lune ô ma gosse.
Viens couler dans ma bouche un peu du sperme lourd
Qui roule de ta gorge à tes dents, mon Amour,
Pour féconder enfin nos adorables noces.

Colle ton corps ravi contre le mien qui meurt
D'enculer la plus tendre et douce des fripouilles.
En soupesant charmé tes rondes, blondes couilles,
Mon vit de marbre noir t'enfile jusqu'au cœur.

Oh vise-le dressé dans son couchant qui brûle
Et va me consumer! J'en ai pour peu de temps,
Si vous l'osez, venez, sortez de vos étangs,
Vos marais, votre boue où vous faites des bulles

Ames de mes tués! Tuez-moi! Brûlez-moi!
Michel-Ange exténué, j'ai taillé dans la vie
Mais la beauté, Seigneur, toujours je l’ai servie,
Mon ventre, mes genoux, mes mains roses d'émoi.

Les coqs du poulailler, l'alouette gauloise,
Les boîtes du laitier, une cloche dans l'air,
Un pas sur le gravier, mon carreau blanc et clair,
C'est le luisant joyeux sur la prison d'ardoise.

Messieurs je n'ai pas peur! Si ma tête roulait
Dans le son du panier avec ta tête blanche,
La mienne par bonheur sur ta gracile hanche
Ou pour plus de beauté, sur ton cou mon poulet....

Attention! Roi tragique à la bouche entr'ouverte
J'accède à tes jardins de sable, désolés,
Où tu bandes, figé, seul, et deux doigts levés,
D'un voile de lin bleu ta tête recouverte.

Par mon délire idiot je vois ton double pur!
Amour! Chanson! Ma reine! Est-ce ton spectre mâle
Entrevu lors des jeux dans ta prunelle pâle
Qui m'examine ainsi sur le plâtre du mur?

Ne sois pas rigoureux, laisse chanter matine
A ton cœur bohémien; m'accorde un seul baiser...
Mon Dieu je vais claquer sans te pouvoir presser
Dans ma vie une fois sur mon cœur et ma pine!

*
Pardonnez-moi mon Dieu parce que j'ai péché!
Les larmes de ma voix, ma fièvre, ma souffrance,
Le mal de m'envoler du beau pays de France,
N'est-ce pas assez monseigneur pour aller me coucher
Trébuchant d'espérance.

Dans vos bras embaumés, dans vos châteaux de neige!
Seigneur des lieux obcurs, je sais encore prier.
C'est moi mon père, un jour, qui me suis écrié:
Gloire au plus haut du ciel, au dieu qui me protège
Hermès au tendre piéd!

Je demande à la mort la paix, les longs sommeils,
Les chants des Séraphins, leurs parfums, leurs guirlandes,
Les angelots de laine en chaudes houppelandes,
Et j'espère des nuits sans lunes ni soleils
Sur d'immobiles landes.

Ce n'est pas ce matin que l'on me guillotine.
Je peux dormir tranquille. A l'étage au dessus
Mon mignon paresseux, ma perle, mon jésus,
S'éveille. Il va cogner de sa dure bottine
A mon crane tondu.
*
Il paraît qu'à côté vit un épileptique.
La prison dort debout au noir d'un chant des morts.
Si des marins sur l'eau voient s'avancer les ports
Mes dormeurs vont s'enfuir vers une autre Amérique.

Jean Genet

El poema puede ser escuchado integramente en la voz del actor franco-argelino Mouloudji con música de André Almuró ( fundador del "Mouvement Sentationniste" y colaborador de Breton, Casares, Clemente, Cocteau ...etc.) en: http://www.ubu.com/sound/genet.html




En estos momentos Etienne Daho se haya preparando una nueva versión en la que intervendrá Jean Moreau

San Jean Genet

Jean Genet fotografiado por Brassaï, 1948

"La bomba Genet" como lo definiría Jean Cocteau, subvertiría todos los valores bienpensantes, ladrón, chapero, presidiario, mendigo y un gran escritor que verterá todas sus vivencias en sus obras. Genet dio luz y resplandor a todo aquello que la sociedad se empeñaba en esconder, lo soterrado, convirtió lo noble en vil y lo vil en noble, en un tan extraño como fascinante camino de perfección. Voz de los sin voz, protector de los desfavorecidos.

Pese a los inicios oscuros, hijo de padre desconocido y de una prostituta, la infancia de Genet no tendría por qué haber sido difícil. Pero ni su rápida adopción ni sus excelentes resultados académicos impidieron su querencia por la vida marginal.


De los pequeños hurtos a la prostitución, y desde allí, directamente a los reformatorios, uno tras otro. Hasta que decidió huir, enrolándose en la Legión Extranjera, fue sorprendido en actitud homosexual con un compañero. La acusación por su condición de homosexual le llevó a desertar, iniciando una vida de mendicidad, delincuencia y prostitución por varios países europeos (incluidas la Barcelona y el Cádiz de la Segunda República que después plasmaría en su obra Diario de un ladrón).

Un chant d'amour (Jean Genet, 1950)

De retorno a Francia, y ya convertido en un delincuente habitual, Genet empezó a escribir sus primeras obras en la cárcel, a donde había llegado acusado de robo, mendicidad, falsificación de documentos, y conducta impúdica y obscena. Girando siempre en torno a la delincuencia, la homosexualidad y la soledad, imprime a sus historias una extraña poesía de la marginalidad. Bajo la etiqueta de impublicables en la Francia de postguerra, novelas como Santa María de la Flores, El milagro de la rosa, Pompas fúnebres o Querelle de Brest le garantizaron la admiración de los principales intelectuales del momento.

Después de haber rechazado algunas demandas de indulto, y gracias a un articulo de Jean Cocteau que procede a calificarlo como "el mas grande escritor de la época moderna", su condena es reducida y condonada a cuatro meses de prisión. Al final de la misma, no es liberado sino trasladado al campo de Tourelles (antecámara de los campos de concentración) controlado por la Milicia. Gracias a Marc Barbezat y a numerosas intervenciones de intelectuales finalmente es liberado en 1944. El 19 de agosto de 1944, su compañero Jean Decarmin muere luchando contra los nazis, en las barricadas, por la liberación de París). Este hecho causa una profunda impresión en Genet, que acusa la perdida consolidando de alguna manera sus convicciones políticas.

En 1948, aún es condenado a diez meses de cárcel por antiguos delitos. Pero la iniciativa de Jean Cocteau y de Jean- Paul Sartre, tras una serie de procedimientos de recursos y demanda de gracia enviados al Presidente de la República, y una demanda publicada en el periódico Combate del 16 de abril de 1948, le es concedido el indulto el 12 de agosto de 1949, por el presidente Vincent Auriol.

Ubicado ya como hombre de letras, una fuerte depresión le llevó a abandonar sus escritos tras la publicación del ensayo "Saint Genet comédien et martyr", en el que Sartre disecciona su personalidad. "Me vi desnudado. El libro de Sartre creó un vacío que me produjo una especie de deterioro psicológico", dijo Genet en una controvertida entrevista a Playboy en 1964. Tras el bache, comenzó una fructífera etapa, esta vez como dramaturgo, y creó algunas de las piezas más emblemáticas del existencialismo teatral como "Las criadas" o "Los biombos".

En los años sesenta, tras el suicidio de su compañero sentimental, el 12 de marzo de 1964, el joven Abdallah Bentaga de 26 años al que había conocido en 1956, (Un joven equilibrista de 18 años de padre argelino y madre alemana, que trabaja en el circo como acróbata) y al que para pagarle los cursos de funambulista, Genet había vendido los derechos de la obra "Les reves interdits".

Jean Genet asiste a su entierro que tiene lugar el 20 de marzo y profundamente deprimido abandona Francia. Aplastado por esta muerte, el escritor comenta que ha estado tentado por un intento de acabar con su vida, Genet abandona prácticamente la literatura. Comienza entonces a desarrollar un fuerte compromiso político que él mismo definió como "la causa de los proscritos y oprimidos".

Jean Genet y Juan Goytisolo (Amsterdam, 1958)

Allí donde su nombre podía de nuevo evocar el escándalo aparecía Genet. Apoyando esa "mezcla de exaltación de la juventud y de rechazo a la autoridad y a la jerarquía" que para él supuso el Mayo francés, defendió los derechos de los inmigrantes en Francia junto a Marguerite Duras, viajó a Estados Unidos de forma ilegal, tenía prohibida la entrada, para luchar junto a los Panteras Negras y entró en Sabra y Chatila para ver con sus propios ojos la masacre de palestinos en Líbano (germen de su libro Cuatro horas en Chatila).

En 1976 conocerá a quien será su último compañero Mohamed El-Katrani en Tanger. En 1976, Genet, comienza la escritura de una obra, a partir de un personaje inspirado por Mohamed. Su titulo será "La nuit venue"

Pocos años después llegaría el cáncer de garganta, moriría el 15 de abril de 1986 debido, probablemente a una caída que le causó un traumatismo craneal, tras lo cual sería enterrado en un arrecife del cementerio español de Larache en Marruecos. Tras unos años de olvido su figura se ha ido agigantando hasta nuestros días. Jen Cocteau, dijo que Genet "llegaba con ligeros pies de escándalo" para perturbar a la sociedad con un único objetivo: obligar al mundo a convertirse en lo que describe en sus páginas. Yo creo que sencillamente escupió a la sociedad aquello que esta no quería ver.

Des Fleurs Pour Un chant d'Amour

Corto realizado por Stéphane Marti, en homenaje a Jean Genet, con Thomas Lagrève et Samuel Ganes.

Ecce Homo Obra de Jerry Tartaglia ( 1989 )







Obra de Jerry Tartaglia (1989) textos de " Un canto de Amor" de Jean Genet con imágenes de películas porno para preguntarnos donde esta el tabú en el sexo o en el hecho de mirarlo